formation continue

Flexibiliser les frontières entre la formation formelle et informelle, et valoriser l'expérience

Telles sont les conclusions de la journée organisée par la Conférence romande sur la formation continue (CRFC) qui a mené le 24 mars une journée de réflexion sur "les voies de qualification pour adultes VAE" en présence de Josef Widmer, vice-directeur du SEFRI. Il confirme que la thématique des formations de rattrapage, de requalification et de qualification supérieure des adultes font parties des axes prioritaires du SEFRI.
Plusieurs intervenants ont présenté différents résultats de recherche ainsi que des réflexions  dont les présentations sont disponibles directement sur le site de la CRFC (http://www.crfc.ch). Les discussions démontrent de nombreux défis persistants, notamment :
- les compétences acquises précédemment ne sont pas suffisamment reconnues,
- les procédures de qualification ne sont pas assez définies pour un public d'adultes,
- un manque de flexibilité dans les offres de formation (conciliation difficile entre formation, vie professionnelle et vie de famille).
 
Une table ronde a mis en avant la nécessité de développer un soutien pour la population non qualifiée de plus de 45 ans. Elle a également posé la question des outils qui doivent être développés pour identifier les compétences transférables.
 
Quatre ateliers ont permis les résultats suivants :
1) "Mise en évidence des difficultés des OrTra et/ou des employés dans la VAE" : Le processus de VAE est un frein pour les candidats à cause de son procédé intellectuel qui n’est pas à la portée de tous. Du point de vue des OrTra, on observe un manque de confiance des métiers devant des processus très intellectuels. La question des salaires a également été abordée.
2) "Concurrence entre les VAE et les formations professionnelles supérieures (brevet/diplômes)": il ne s'agit pas d'une "concurrence" à proprement parler. Toutefois, une différence dans la durée des processus d’obtention d’un brevet est explicitement observée. Ainsi, les personnes possédant un CFC peuvent se présenter à l’examen de brevet avec moins d’expérience que celles qui n’en ont pas.
3) "Moyens de preuve en VAE": la validation d’un dossier demande du temps, et la mise en situation doit rester une autre méthode de vérification en cas de doute des experts, mais elle ne doit pas être systématique.
4) "Problématique de la culture générale dans la formation qualifiante pour adultes" : de grandes différences existent entre les cantons concernant le poids de la culture générale dans d’obtention du CFC par des adultes. La question posée est de savoir si des adultes qui entreprennent d’autres voies de qualification pour adultes (accès direct aux examens/formations modulaires) ne pourraient pas également faire valider la partie culture générale, au lieu de suivre une formation spécifique en culture générale.
 
Cette journée a abouti sur l'idée de rendre possible des combinaisons entre les différentes voies du système de la formation professionnelle. Aussi, le financement reste un des obstacles non-résolu à ce jour. Les cantons vont publier en automne 2017 une recommandation sur la gratuité de ces formations. En outre, l’expérience professionnelle est malheureusement sous-estimée et sous-valorisée dans la société actuelle, or la majorité des personnes changent de profession de nombreuses fois durant leur carrière. Il s'agit enfin de souligner l’importance de l’expérience et de la valoriser, car à ce  jour, seuls les diplômes sont valorisés en dépit de l’expérience. Ainsi, l’accès aux personnes sans CFC devrait également être facilité.